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  • Roquefeuil Infos n°68 – juin 2025

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  • 1714-1782 – Biographie Aymar-Joseph de Roquefeuil et du Bousquet, comte de Roquefeuil, vice-amiral du Levant

           Aymar joseph Comte de Roquefeuil – Vice Amiral commandant la Flotte du Levant 1714-1782

     

    Aymar-Joseph de Roquefeuil et du Bousquet, comte de Roquefeuil, né le 19 mars 1714 à Brest et mort le 1er juillet 1782, à Bourbonne-les-Bains, est un officier de marine français du XVIIIe siècle. Il sert dans la marine royale pendant les règnes de Louis XV et Louis XVI et termine sa carrière militaire avec le grade de vice-amiral du Levant.

    Origines et famille

    Le comte de Roquefeuil est issu de la famille de Roquefeuil Blanquefort.

    En 1712 à Saint-Pol de Léon, son père Jacques-Aymar, alors capitaine de vaisseau de 47 ans, épouse Jeanne-Louise du Main, dame d’Angeret. Il est nommé peu de temps après gouverneur de Rodez. Aymar-Joseph grandit donc sur les terres de sa familles près du château du Bousquet jusqu’en 1718, date à laquelle son père s’installe définitivement en Bretagne au manoir de Kerlouet [1].

    Son frère cadet, René-Aymar sert également dans la marine royale et termine sa carrière avec le rang de chef d’escadre des armées navales.

    Carrière dans la marine royale

    Avant d’entrer dans la marine, Aymar Joseph de Roquefeuil sert peu de temps dans l’armée de terre, où il débute très jeune avec un brevet de capitaine de dragons. Entré dans la Royale, Aymar Joseph devient garde-marine à Brest à 13 ans (1727).

    Enseigne en octobre 1731, il embarque dès 1733 dans l’escadre du comte de La Luzerne qui croise en Baltique pour soutenir la candidature de Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV durant la Guerre de Succession de Pologne.

    En 1740, il rejoint l’escadre du vice-amiral d’Antin en qualité de capitaine de dragons. Avec son père qui commande une division sur le Superbe il combat les Anglais et Espagnols à Saint-Domingue. A son retour en 1741, il est nommé lieutenant de vaisseau [1].

    Il est fait capitaine de vaisseau et chevalier de l’ordre de Saint-Louis le 1er janvier 1746, à moins de 32 ans, pour ses services remarqués pendant 19 ans. Commandant du Caribou, il sert dans l’escadre du duc d’Anville chargée de reprendre Louisbourg.

    Il commandera L’Aquilon pendant quinze mois aux Antilles en 1750 et 1751. Ayant sous ses ordres La Friponne, la frégate du comte du Chaffault. Le but de sa mission était de visiter, en compagnie d’une frégate anglaise de 36 canons, différentes îles pour y proclamer leur neutralité. À son retour en France, il est félicité à plusieurs reprises par le ministre Rouillé pour la prudence qu’il avait montrée dans cette délicate mission [2].

    Cela lui permit de participer activement avec le vicomte de Morogues, commandant la place de Brest, à la fondation dans ce port, dès 1752, d’une académie de Marine dont il fut un des premiers membres (avec René-Aymar, son frère cadet), mais qui fut décimée par les pertes de la guerre entre 1756 et 1763 [2].

    Entre 1754 et 1758, Roquefeuil remplit les fonctions de second chef d’escadre, dans les Antilles, sous le commandement de La Galissonnière, de Perier puis de Bompart. En 1754, 1756 et 1758, il commande successivement les vaisseaux L’Actif, Le Prothée et L’Hector [2]. Durant l’hiver 1758, il s’oppose aux incursions anglaises. Malgré des préparatifs hâtifs, l’escadre ne parvient pas à temps pour secourir Grande-Terre qui finit par tomber aux mains des anglais et du commodore Moore [1].

    Promu au grade de chef d’escadre des armées navales, le 1er janvier 1761, à moins de 47 ans, il reçoit le commandement de la Marine et du port de Brest auquel le Roi uni, le 25 mars 1762, celui de la ville et du château de Brest et de l’île d’Ouessant qu’avait déjà eu son père[2].

    Pour l’anecdote, en 1764, il indique à l’intendant de la Marine Hocquart

    « il sera placé sur le rempart de Brest du côté du Valon (sic) qui avoisine le bagne un canon de 24 dont il sera tiré deux coups au moment de l’évasion d’un jusque à quatre forçats et trois coups pour un plus grand nombre d’évadés. »

    Il baptise ce canon « Tonnerre » en souvenir du terrible orage qui s’abattit sur Brest le 15 avril 1718 et qui avait tant frappé les brestois: c’est le fameux « Tonnerre de Brest« , popularisé par le capitaine Haddock dans les aventures de Tintin (Hergé).

    Il est aussi à l’origine d’un projet de « comédie » (théâtre) pour la distraction des officiers de Marine. Il sera construit en 1766 par Choquet de Lindu [3].

    Dans un mémoire de présentation, le ministre écrit au Roi qui approuve de sa main [4]:

    « Il sert depuis près de 40 ans dans la Marine, il a fait 16 campagnes, a eu 4 commandements à la mer et a depuis 5 ans le commandement du Port de Brest à la satisfaction de S.M. »

    Il est alors nommé lieutenant général des armées navales, le 3 août 1766, à 52 ans, conservant ses commandements à Brest, ce qui lui permettra d’y promouvoir avec le ministre Choiseul, dont il est proche, la nouvelle « académie royale de marine », sous le patronage immédiat du Roi, en avril 1769. Il en est le premier directeur [2].

    En 1777, il est nommé inspecteur de l’infanterie et du corps royal de la marine. Il conserve cette charge, qui lui est conférée en compensation du retrait du double commandement des forces de terre et de mer qu’il avait à Brest, jusqu’à sa nomination à la vice-amirauté.

    Chapelle saint-Anne

    Promu vice-amiral de la Flotte du Levant le 6 avril 1781, grand’croix de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis, il décède le 1er juillet 1782, à Bourbonne-les-Bains, à l’âge de 68 ans. Aymar-Joseph est enterré dans la chapelle sainte-Anne située sur sa propriété de Kerlouët.

    Postérité

    Modernisateur opiniâtre, organisateur hors pair, marin très expérimenté, il marque de son empreinte le port et la ville de Brest, pendant les vingt années de son commandement de la Marine à Brest (1761-1781) avant qu’il ne reçoive pendant deux années la responsabilité (vice-amirauté) de la Marine du Levant. Sous son commandement, les budgets sont obtenus du Roi et de ses ministres et de nombreux navires puissants et bien équipés sont conçus, lancés et amarinés. Les vingt vaisseaux de 74 canons, dont il a supervisé la construction, constitueront la remarquable « Flotte de Louis XVI », probablement la plus cohérente que la France ait jamais possédée.

    Méconnu du public, il est pourtant considéré par les historiens de la Marine comme l’un des principaux organisateurs, et réalisateurs, de la politique navale de Louis XV et de Louis XVI, qui permit à la France et aux insurgés américains de vaincre la Grande-Bretagne, au cours de la guerre d’indépendance des États-Unis.

    Une rue porte son nom à Brest (quartier de Recouvrance).

    Descendance

    Il épouse le 17 octobre 1741 Marie-Gabrielle de Kerguz. De cette union naissent deux filles et un garçon :

    1. Jeanne-Jacquette de Roquefeuil, elle épouse le 3 février 1765 Jacques-Claude du Cleuz, marquis du Gage, lieutenant-colonel de la capitainerie des garde-côtes de Lannion.
    2. Louise Thérèse Marie Adélaïde (1746-?) épouse le 12 mars 1775 Charles de Brilhac, comte du Crévy.
    3. Innocent-Adrien-Maurice (1752-1796), marquis de Roquefeuil, eu lui aussi une brillante carrière, capitaine au régiment de Noailles-dragons (1777), colonel du Régiment Royal Médoc (1788), maréchal de camps (1791). Il émigre et fut le colonel du Régiment de Roquefeuil dans l’armée des princes. Il mourut des blessures reçues lors d’un combat contre les troupes révolutionnaires françaises près d’Augsbourg en 1796. Son drapeau est conservé au château de Chantilly. Il avait épousé Paule Suzanne de La Lande de Calan.

    En 1789, sa veuve vivait au château familial de Kerlouët. Durant l’été, les nouvelles de la révolution gagent la Bretagne et les habitants de Spézet se révoltent. Pour les apaiser, le recteur propose de dire une messe à leur intention [5]. A la fin de l’office, une foule se présente dans la sacristie et contraint le clerc de mettre par écrit leurs revendications [6].

    Ces derniers refusant de payer la dîme, corvées et autres taxes, se présentent à la comtesse de Roquefeuil et imposent que les titres de propriété de la famille leur soient présentés. La comtesse, pensant pouvoir se débarrasser des exaltés leur remet quelques documents sans valeurs. La supercherie est démasquée et entraine la furie des paysans. S’emparant de la comtesse, ils lui passèrent une corde autour du corps et la plongèrent dans le puits à plusieurs reprises. Ce n’est qu’à moitié asphyxiée que la comtesse consentit à leur donner ses titres de propriété que les paysans s’empressèrent de bruler [5], [6].

    Note sur ses travaux à l’Académie Royale de Marine

    En 1752, Aymar Joseph de Roquefeuil joint ses efforts à ceux du vicomte de Morogues [5], pour convaincre le Secrétaire d’État à la Marine Antoine Louis Rouillé de créer l’Académie de la marine. Morogues en est le premier directeur. Lorsqu’en 1765, cette société, dont les séances avaient été suspendues et les membres décimés par la guerre de Sept Ans, se trouve réduite à ne produire que de rares travaux, Roquefeuil obtient en 1769 de Louis XV et de Choiseul sa reconstitution sous le nom d’Académie royale, et placée le patronage immédiat du roi. Il participa à ses travaux par de nombreux mémoires dont voici les principaux [7] :

    • Mémoires ou dissertations sur les mots ABORDAGE ACCIDENTEL et AFFOURCHER

    • Mémoires sur la façon de border les vaisseaux pour en retarder la pourriture
    • Mémoires sur la cause du tourment des canons, 7 pages in-folio
    • Idée sur la contre-quille (aujourd’hui fausse-quille) des vaisseaux, 5 pages
    • Mémoire ou Lettre écrite de Versailles, le 3 février 1769, à M. Clairain-Deslauriers, ingénieur-constructeur en chef à Rochefort, au sujet de l’élévation de la première batterie d’un vaisseau de 64 canons, 8 pages in-folio.
    • Observation sur la construction actuelle des vaisseaux et sur une nouvelle méthode de conduire leurs fonds, 13 pages in-folio.
    • Observations sur le mémoire de M. Clairain, intitulé : « Réponse à un mémoire qui a pour titre: Observations, etc., » 55 pages, in-folio.
    • Examen de la force de l’homme pour tirer ou pousser horizontalement, et notamment pour le cabestan, 9 pages in-folio
    • Lettre à M. de Lironcourt sur son plan de corvette de dix-huit canons de 6, 5 pages in-folio.
    • Mémoire sur les effets de la décomposition du vent pour la manœuvre des vaisseaux, 7 pages in-folio (inséré dans le premier et unique tome des Mémoires imprimés de l’Académie royale de la marine).
    • Mémoire sur une espèce de nœud fort ingénieux, connu sous le nom de NŒUD GOUBERT, 7 pages in-folio.

    Certaines des opinions de Roquefeuil ont pu être contestées. Toutefois, il donne une impulsion fructueuse aux travaux de l’Académie, en l’engageant dans une voie que plusieurs de ses adversaires parcoururent plus sûrement que lui. On doit donc reconnaître et ses efforts et les résultats qu’ils procurèrent.

    Notes et références

    1. Hubert Granier, Marins de France au combat, t. 3, France-Empire, 1995 (ISBN 978-2-402-24912-6lire en ligne [archive])

    2. Biographie universelle, ancienne et moderne, Michaud frères, 1846 (lire en ligne [archive])
    3. Nolwenn Kerdraon-Duconte, « Théâtre et Pouvoir à Brest au XVIIIe siècle », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest., nos 119-2,‎ 30 juin 2012, p. 143–172 (ISSN 0399-0826DOI 10.4000/abpo.2401lire en ligne [archive], consulté le 5 août 2022)
    4. Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la Marine royale (1715-1774), FeniXX, 1er janvier 1990 (ISBN 978-2-402-49918-7lire en ligne [archive])
    5. J. (1864-1915) Auteur du texte Baudry, Étude historique & biographique sur la Bretagne à la veille de la Révolution, 1905 (lire en ligne [archive])
    6. Madeleine Desroseaux, « En Terre Bretonne », Revue des Deux Mondes, vol. Les Montagnes Enchantées,‎ juillet 1937 (lire en ligne [archive])
    7. Prosper Levot, p. 769 et suiv.

    Voir aussi

    Sources et bibliographie

    Articles connexes sur Wikipedia

  • 1665-1744 – Biographie de Jacques-Aymar, comte de Roquefeuil, Lieutenant général des Armées Navales

     

    Jacques Aymar, comte de Roquefeuil et du Bousquet, lieutenant général des Armées navales

     

     

    Jacques-Aymar est le fils cadet de Louis, baron de Roquefeuil et du Bousquet [2] . Son père lui lèguera le gouvernement héréditaire de la ville de Rodez dont le Roi l’investira avant 1711.

    Il épouse le 4 août 1712 Jeanne Louise du Main d’Augeret héritière de sa famille et de ses biens en Bretagne dont il a [2],[3],[4]:

    • Aymar-Joseph , vice-amiral de France commandant la Marine du Levant;
    • René-Aymar , chef d’escadre.

    Carrière dans la Marine royale

    Agé de 17 ans et en partance pour Malte, Jaques-Aymar est remarqué par le marquis de Seignelay, ministre de la Marine, lors d’une inspection de jeunes gentilhommes du port de Toulon. Ce dernier, frappé par sa vivacité, lui propose de rejoindre la marine Royale ce que Jacques-Aymar s’empresse d’accepter [5]. Il entre donc aux garde-marine à Toulon en mars 1681 avant d’être promu enseigne de vaisseau (janvier 1687). Lieutenant de vaisseau en janvier 1691, il seconde le chevalier de Saint Pol avec qui il navigue en mer du Nord [6].

    Au début de l’année 1703, il est promu à Dunkerque capitaine de vaisseau et prend le commandement du Ludlow capturé le 28 janvier aux Britanniques.

    Combat des Orcades

    Le 5 juin, le chevalier de Saint Pol, lève l’ancre avec son escadre composée du Milford, de l’Adroit et du Ludlow toujours sous le commandement de Jacques-Aymar. Les instructions du Roi Louis XIV indiquent :[7],[8]

    « Mon intention est que vous vous appliquiez particulièrement à détruire le commerce de mes ennemis, le mal que vous pourrez leur faire étant le plus sensible qu’on le puisse et le plus capable de les porter à désirer la paix… »

    Le 22 juin, au nord de l’Ecosse, près des Orcades, l’escadre engage une flotte de pêche escortée par quatre vaisseaux Hollandais de cinquante canons. Le combat est d’une rare violence mais la flotte française prend le dessus: Saint Pol capture le Soleil Doré de 44 canons et ses 200 hommes, Jacques-Aymar de Roquefeuil prend à l’abordage le Wolfswinckel de 24 canons et 100 hommes. Deux autres navires sont coulés: l’Adroit et le vaisseau hollandais château d’Anvers et un dernier prit la fuite. 118 marins français périrent dont le capitaine de Sève [7].

    Le 30 juin, lancé à la poursuite de la flotte dispersée, Jacques-Aymar entre dans le port fortifié de Lauwick et parvient à détruire les navires ennemis venus se protéger. Le 21 juillet, il s’empare de nouveaux d’un bateau hollandais aperçu près des côtes d’Alberdeen et brûle 160 bateaux de pêche dans le port de Bressay fortement protégé [9].

    Combat du Dogger Bank

    Le 6 septembre 1705, Saint Pol reçoit l’ordre d’escorter une flotte française en provenance de Saint-Domingue. Son escadre, composée de Jacques-Aymar sur le Protée, du capitaine Descoyeux à bord du Triton, du capitaine Hennequin avec le Jersey et du capitaine François Bart avec le commandement de l’Héroïne, prend la mer le 30 octobre. Le lendemain la flotte intercepte un convoi sous la protection de trois vaisseaux. Un combat acharné s’engage. Saint Pol montant à l’abordage du Pendennis, il reçoit une balle de mousquet mortelle permettant au navire anglais de se dégager pour attaquer le Protée de Jacques-Aymar alors engagé dans la capture du Blakwall. Secouru par le Triton, Jacques Aymar réussi à retourner l’engagement en sa faveur et se rendit maître du Pendennis capturant simultanément et en trois heures deux navires anglais qui l’attaquaient sur ses deux bords. Un contemporain raconte[7]:

    « Il n’y a pas eu sous le règne du Roi une action pareille à celle du Protée, car il est de fait qu’après avoir enlevé de bâbord un vaisseau percé pour 58 canons, il en a enlevé un autre qui est venu l’aborder de tribord, malgré tout le désordre et la confusion où se trouve un vaisseau qui vient d’en enlever un autre plus fort que lui… »

    Le Mercure de France relate que « Monsieur de Roquefeuil ayant pris, après la mort de Saint Pol, le commandement des vaisseaux que ce chevalier commandait… acheva le combat victorieusement… sa Majesté lui a donné une pension de mille livres et la croix de l’Ordre de Saint Louis » dès le 10 novembre suivant. Roquefeuil avait ramené à Dunkerque les quatre vaisseaux, la frégate et les cinq corsaires de sa division, ainsi que trois vaisseaux anglais capturés et quatorze navires marchands ennemis[9]. Duguay-Trouin raconte dans ses mémoires qu’ayant essuyé un affront du commandant d’un des navires corsaires de sa division « [il se] joigni[t] au vaisseau du Roi Le Protée qui était prêt à mettre à la voile sous le commandement de Monsieur de Roquefeuil, aimant mieux servir sous le commandement d’un homme aussi brave, que de commander à des gens sur lesquels [il] ne pouvai[t] pas compter.» Ainsi Jacques-Aymar commandait-il encore par intérim, une division basée à Brest et opérait en Manche et mer du Nord.

    Bataille du cap Béveziers

    Article détaillé sur Wikipedia : Bataille du cap Béveziers (1707).

    Après la mort du chevalier de Saint-Pol, l’escadre de Dunkerque passe sous le commandement du Comte de Forbin. Composée de 8 vaisseaux, la flotte reçoit l’ordre en 1707 de se rendre en Mer du Nord pour y intercepter les approvisionnements Anglais et Hollandais. Jacques-Aymar prend le commandement de la frégate de 56 canons la Dauphine[7].

    Le 11 mai 1707, à l’ouest de Béveziers, la division attaque un important convoi anglais faisant cap vers Lisbonne et escorté par quatre vaisseaux de guerre. Lors des préparatifs, Le Prothée est désigné pour soutenir le Mars quand la Dauphine reçoit le soutien du Griffon (50 canons) sous le commandement du chevalier de Nangis. Le combat débute par des échanges de feu qui durent plus de deux heures et demi. Puis, Jacques-Aymar, s’empare à l’abordage du puissant HMS Hampton Court (70 canons) malgré un équipage en infériorité numérique. L’assaut dure une demi-heure au cours duquel le commandant anglais Edward Acton et une large partie des membres de son état-major périssent. Plus tard dans la bataille, Jacques-Aymar se rend également maitre du HMS Grafton (70 canons) et de six bâtiments marchands. L’affrontement se solde par une large victoire française, avec la prise de deux des trois vaisseaux de l’escorte et de 21 des 52 navires marchands[6],[7],[10].

    En 1713, la paix d’Utrecht réduit ses activités et marque la fin de la guerre de succession d’Espagne [6]. Entre 1722 et 1724, il opère contre les forbans de Terre-Neuve en commandant successivement l’Eclatant, l’Amazone puis l’Hercule [6].

    Le 27 mars 1728, à 61 ans, Jacques Aymar est élevé au grade de chef d’escadre des armées navales, avec le commandement de la place de Brest.

    Guerre de Succession d’Autriche

    En 1740, le marquis d’Antinvice-amiral du Ponant, confie à Jacques-Aymar le commandement de quatre vaisseaux et deux frégates pour croiser croise entre Brest et l’Espagne. Cette mission n’est que de courte durée puisqu’en novembre 1740, l’avènement de Marie-Thérèse marque le début de la Guerre de Succession d’Autriche. Ce conflit nécessite l’envoi de troupes dans les Antilles. Jacques-Aymar part donc le 23 novembre pour Saint-Domingue où il arrive le 8 janvier 1741 et y reste à la tête de six vaisseaux jusqu’à la fin du printemps[11]. On pense qu’il fut alors gouverneur par intérim de cette île.

    Le 1er mai 1741, il est promu lieutenant général des armées navales, à 74 ans, et reçoit le commandement de l’escadre de Brest dont la seconde division est commandée par le chef d’escadre, Monsieur de Camilly. Il croise alors en Atlantique, observant le conflit anglo-espagnol en Amérique. Jacques-Aymar de Roquefeuil est qualifié dans la matricule « d’officier de grande réputation ayant pris à l’ennemi 14 vaisseaux dont 3 à l’abordage».

    Projet d’invasion de la Grande Bretagne et mort de Jacques Aymar

    Article détaillé sur Wikipedia : Projet français d’invasion de la Grande-Bretagne (1744).

    Début 1744, malgré son âge, Jacques-Aymar est choisi par Louis XV pour commander l’escadre de 19 bâtiments de ligne, vaisseaux et frégates, outre quatre auxiliaires qui devait couvrir le retour en Grande-Bretagne du prétendant Charles Édouard Stuart. Ces navires devaient escorter le corps expéditionnaire du futur Maréchal de Saxe composé de 15 000 hommes.

    Jacques-Aymar peut s’appuyer sur des marins de renom soulignant la délicate et périlleuse tâche qui lui est confiée[12]:

    Parti de Brest le 6 février 1744 et accompagné des chefs d’escadre Camilly et Barrailh, il croise en Manche, malgré de mauvais vents, jusqu’au 29 février ou il est contraint de mouiller à Calais pour éviter une très forte escadre britannique. Il poursuit le contrôle de la Manche « d’où il protège efficacement les armements considérables effectués à Dunkerque »[5], lorsqu’il meurt subitement sur son vaisseau amiral Le Superbe, dans la nuit du 8 au 9 mars 1744. Son premier chef d’escadre, le chevalier de Camilly, qui avait sa marque sur Le Neptune, prend le commandement général et, terminant la mission en cours ne rentre à Brest que le 19 mars suivant sans que les troupes du comte de Saxe ne puisse débarquer. Lors de l’organisation de l’expédition, le Roi lui aurait promis à son retour le bâton de Maréchal de France avec, sans doute l’une des deux vice-amirautés de France devenue justement vacante et qui le demeure jusqu’en 1750[5]. Il avait toutefois les «rang et fonction de Contre-amiral de France» chef d’armée navale en lieu et place du vice-amiral du Ponant (ordonnances royales de 1668 et 1669).

    Château de Kerlouët

    A sa mort, Jacques-Aymar de Roquefeuil avait 78 ans. Son cœur a été déposé en l’église de Pleven, la paroisse de son château de Kerlouët, dans le diocèse de Quimper. En son honneur, le Roi avait donné à sa famille des canons, conservés depuis lors dans sa propriété de Kerlouët.

    Postérité

    Jacques Aymar de Roquefeuil est connu, dans la Marine de son temps, pour son intrépidité et son endurance au combat ainsi que pour son intransigeance en matière de règlements. À la fin de sa carrière, les usages internationaux avaient bien évolué, et notamment les prescriptions du règlement de 1665 sur les saluts. Le salut qui se faisait en amenant ou en pliant le pavillon avait été presque généralement abandonné par les navires de guerre, qui se bornaient au salut du canon et de la voix. Jacques Aymar de Roquefeuil, rigoureux observateur du règlement de 1665, exigeait constamment l’abaissement du pavillon. Il est l’un des derniers officiers, peut-être même le dernier, à ne pas transiger sur ce point.

    Notes et références

    1. Voir son acte de baptême [archive]
    2. Henri Jougla de Morenas, Grand armorial de France (lire en ligne [archive]), p. 58
    3. Roquerbertin-Rosen, Dossiers Bleus (lire en ligne [archive])
    4. Collection universelle des mémoires particuliers relatifs à l’histoire de France, 1788 (lire en ligne [archive])
    5. Biographie universelle, ancienne et moderne, Michaud frères, 1846 (lire en ligne [archive])
    6. « Ecole Navale / Espace tradition / Officiers célèbres [archive] », sur ecole.nav.traditions.free.fr (consulté le 15 février 2025)
    7. Patrick Villiers, « Chapitre VI – L’escadre de Dunkerque », dans Les corsaires du littoral : Dunkerque, Calais, Boulogne, de Philippe II à Louis XIV (1568-1713), Presses universitaires du Septentrion, coll. « Histoire et civilisations », 2000, 360 p. (ISBN 978-2-7574-2207-6lire en ligne [archive]), p. 281–339
    8. d’Aspect, Histoire de l’Ordre royal et militaire de St-Louis, t. III, 1780 (lire en ligne [archive])
    9. Théophraste RenaudotGazette de France sur Google Livres, vol. 3, p. 203
    10. O. Troude, Batailles navales de la France, Challamel ainé, 1867 (lire en ligne [archive])
    11. Onésime-Joachim Troude, Batailles navales de la France sur Google Livres, Challamel Aîné, 1867, p. 288
    12. Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la Marine royale (1715-1774), FeniXX, 1er janvier 1990 (ISBN 978-2-402-49918-7lire en ligne [archive])

    Voir aussi

    Bibliographie

     

  • 1926 – 2021 – Biographie du Général Melchior, marquis de Roquefeuil et du Bousquet, premier président de l’association « Maison de Roquefeuil Blanquefort ».

    le Général de brigade Melchior de Roquefeuil et du Bousquet

     

    Né à Parthenay (Deux Sèvres) le 8 décembre 1926, il s’engage en 1947 dans l’armée de terre.

    Après un passage à l’École des Sous-officiers d’active à Saint-Maixent puis à l’École des Elèves officiers d’artillerie de réserve à Idar-Oberstein (République fédérale d’Allemagne), il sert au 1er puis au 3eme Régiment d’artillerie coloniale avant d’entrer à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, promotion « Extrême-Orient » [1950-1952].

    A sa sortie, il choisit l’École d’application de l’Arme blindée Cavalerie de Saumur dont il sortira major. Il choisit d’être affecté comme chef de peloton d’abord au 2eme Régiment Etranger de Cavalerie (Maroc), puis au 1er Régiment Etranger de Cavalerie (Indochine, Tunisie, Algérie) comme chef de peloton porté et héliporté.

    Le Lieutenant Melchior de Roquefeuil défile à la tête de son peloton en Algérie

    De 1960 à 1963, il commande un escadron du 2eme Régiment de Spahis algériens en Oranie (Algérie). Entre ces campagnes, il assume à l’École d’application de l’Arme blindée cavalerie, la formation des officiers de réserve puis d’active.

    En 1966, il rejoint le 1er Régiment de Hussards Parachutistes comme chef du bureau instruction puis officier-adjoint au colonel.

    De 1969 à 1972, il est chef du bureau « emploi-opérations » à l’État-Major des Forces françaises de Berlin.

    En 1974, il reçoit le commandement du 1er Régiment de Cuirassiers à Saint Wendel (Sarre – RFA).

    Le Colonel de Roquefeuil, commandant le 1er Cuirassier (Turenne Cavalerie) stationné à Saint Wendel (Allemagne)

    De 1976 à 1978, il est chef d’état-major de la 5eme Brigade Blindée à Tubingen (RFA).

    Affecté ensuite à l’État-major des Armées, il est en charge au sein de la Défense opérationnelle du Territoire et de la protection des points sensibles nationaux.

    En 1981, il rejoint l’État-Major du 3eme Corps d’Armée et de la 1ere Région Militaire, comme chef de cabinet du général Gouverneur militaire de Paris.

    En 1983, il quitte le service actif avec le grade de général de brigade.

    Il commence alors une seconde carrière, dans le civil, jusqu’en 2001.

    Dans l’industrie d’abord, à la Société franco-allemande Kléber Track (Groupe Michelin) comme Président du Directoire, puis à la Société Sogitec (Groupe Dassault) comme consultant spécialiste des systèmes de simulation pour blindés et hélicoptères.

    Dans le conseil ensuite, au Centre de formation à la Sécurité de l’information.

    Promu officier de la Légion d’honneur en 1976 et commandeur de l’Ordre national du Mérite en 2003, il est titulaire de la croix de la Valeur militaire avec trois citations (armée, division et brigade), de la médaille commémorative d’Indochine et de celle des opérations de maintien de l’ordre en AFN ainsi que de la médaille coloniale agrafe Extrême-Orient. Il est breveté parachutiste.

    Très impliqué dans la vie associative, il est membre du conseil, puis vice-président et président de l’Association des parents d’élèves des Maisons d’éducation de la Légion d’honneur (de 1972 à 1987), membre puis vice-président du Conseil économique de la paroisse Saint Vincent de Paul (de 1979 à 2001) et membre animateur de l’Amicale des anciens d’Afrique française du Nord de Saint Denis de Gastines (Mayenne).

    Deux fois arrière-petit-neveu de Jean-Pierre de ROQUEFEUIL, vicomte de LA DEVEZE, capitaine de vaisseau, chevalier de Saint-Louis (1781), membre honoraire d’origine (1746-1807), il est admis à la Société des Cincinnati de France en 1984 comme son représentant titulaire. Entré au conseil d ‘administration en 1989, il en devient vice-président en 1995. Le 22 mai 1997, il succède au comte François de Castries. Sixième Président de la Société des Cincinnati de France, il sera l’organisateur de la Triennale 2001 qui réunira à Paris du 16 au 20 mai avec faste et dignité les cinq cent soixante participants américains et leurs cent quatre vingt collègues français.

    Lire également:

     

     

     

  • Roquefeuil Infos n°67 – décembre 2024

    Cliquer sur la couverture pour feuilleter le document:

  • Roquefeuil-Infos n°60 – Juin 2021.

    Cliquer sur la couverture pour feuilleter le document:

    Jean-Melchior général, marquis de Roquefeuil
    Jean-Melchior général, marquis de Roquefeuil
  • Cabinet d’Hozier – Généalogie de l’illustre Maison de Roquefeuil

     

    Cliquez sur la couverture pour consulter le document (fichier important = 1 minute de téléchargement en 4G):

  • Urgent: Objets ayant appartenu à des Roquefeuil et passant prochainement en salle des ventes.

     

    On nous informe qu’une vente d’objets ayant appartenu à des Roquefeuil doit avoir lieu entre les 7 et 10 mars 2020 en l’étude Dupont& Dupont à Morlaix.


    Les informations pour enchérir sont disponibles à l’adresse suivante:
    https://www.interencheres.com/recherche/lots?search=roquefeuil&area=france  
  • 21 février 1908 – Le journal « Le Gaulois » relate le mariage de Mlle Charlotte Oudinot de Reggio, fille de la duchesse de Reggio, avec le vicomte Pierre de Roquefeuil.

    MARIAGES.

    L’église Saint-Pierre de Chaillot avait peine à contenir la foule nombreuse et élégante qui, hier, s’y trouvait réunie, à l’occasion de la célébration du mariage de Mlle Charlotte Oudinot de Reggio, fille de la duchesse de Reggio, née Cormenin, avec le vicomte Pierre de Roquefeuil, fils du comte de Roquefeuil et de la comtesse, née du Corail.

    Les témoins étaient, pour la mariée le vicomte de Cormenin, son oncle, et le marquis de Quinsonas, son cousin germain; ceux du marié étaient le marquis de Garidel, garde général des forêts, et le vicomte de Sèze, chef- de bataillon au 76° régiment d’infanterie, remplaçant le comte de Sèze, empêché.

    La messe a été dite par le curé-doyen de Saint-Fargeau (Seine-et-Marrie) et la bénédiction nuptiale donnée par l’abbé Cordonnier, vicaire à Neuilly, qui, après une allocution des plus touchantes, a transmis aux nouveaux époux la bénédiction apostolique que le Saint-Père avait daigné leur envoyer. La jeune mariée a été conduite à l’autel par son frère le duc de Reggio.

    Venaient ensuite dans le cortège :

    Vicomte Pierre de Roquefeuil et comtesse de Roquefeuil, sa mère M. de Saint-Martin-Valogne et duchesse de Reggio, comte de Roquefeuil et comtesse de Rouzat, marquis de Quinsonas et Mme de Saint-Martin-Valogne, vicomte de Cormenin et marquise de Quinsonas, comte Paul de Quinsonas et Mlle de Saint-Martin-Valogne; marquis de Garidel-Thoron et Mlle de Roquefeuil-Pradt, vicomte de Sèze et marquis de La Moussaye, M. F. de Roquefeuil et Mlle de La Rochefoucauld, M. Grandet et Mlle de Roquefeuil, M. G. de Roquefeuil et Mlle de Crépy, comte de Roquefeuil-Pradt et comtesse Paul de Quinsonas, marquis de La Rochefontenilles et Mlle de Quinnas, marquis de Chavagnac et comtesse de Castelbajac, baron de Belmiy et Mme de Calmels-Puntis, comte de Castelbajac et vicomtesse de Bagneux, vicomte de Bagneux et comtesse Alfred de La Rochefoucauld, comte Alfred de La Rochefoucauld et vicomtesse de Saint-Matieu, M. Bulla et baronne de Sylvestre, M. de Mérona et Mme Bulla, comte de Waresquiel et Adèle de Sylvestre, comte de Laurençay et Mlle de Cabrières, vicomte de Montrichard et Mme de Mémna, vicomte d’Aurelle Montmorin et Mlle de Cabrières.

    Pendant la cérémonie, la maîtrise, sous la direction de M. Letorey, le distingué maître de chapelle, a exécuté le beau programme suivant :

    Marche des Prêtres dans Alceste de Gluck. Deus Abraham Haendel, Salve regina C.A., Panis angelicus C.A.,  Sedenti in Trono de Gounod, Notre père Düsser, Alleluia du Messie de Haendel, Hymne nuptial Cte de Sèze

    La quête a été faite par Mlle de La Rochefoucauld accompagnée de M. Fulcran de Roquefeuil, et par Mlle de Roquefeuil, au bras de M.Grandet.

    La jeune mariée portait une ravissante toilette en charmeuse très souple avec un grand manteau de vraie dentelle le corsage et l’écharpe également en vraie dentelle. La duchesse de Reggio avait une robe en radium gris un peu fumé, avec broderies en argent vieilli. Mme de Saint-Martin-Valogne portait une robe en mousseline de soie noire, sur fond gris, avec un grand manteau de dentelle noire brodée. Mlle de Saint-Martin avait une robe en radium vert changeant, avec broderies même ton sur dentelle.

    Ces toilettes, d’une ligne simple et nette, et d’un allant parfait; sortaient de chez Ney soeurs.

    Après le très long défilé à la sacristie, où se retrouvaient presque tous les amis et les donateurs que nous avons cités avant-hier à la réception de contrat, la duchesse de Reggio a donné un lunch intime dans ses salons de l’avenue Marceau.

    ____

     

    Extrait tiré de :

    Titre : Le Gaulois : littéraire et politique

    Éditeur : (Paris)

    Date d’édition : 1908-02-21

    Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication

    Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication

    Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication

    Type : publication en série imprimée

    Langue : Français

    Description : 21 février 1908

    Description : 1908/02/21 (Numéro 11087).

    Description : Note : supplément pages 5 et 6 « Académie Française ».

  • 14 septembre 2019 – Le général Melchior de Roquefeuil remet les insignes de la Légion d’honneur à son fils Dominique.

     

     

    Le samedi 14 septembre 2019, à l’occasion d’une courte et émouvante cérémonie, Melchior de Roquefeuil (93 ans), notre chef de famille, dûment délégué par le Grand Chancelier de la Légion d’honneur, a remis les insignes de chevalier de la Légion d’honneur à son fils Dominique (64 ans), Administrateur général des Finances publiques, ancien directeur de France-Domaine Paris et responsable de la politique immobilière de l’Etat en région Bourgogne-Franche-Comté.

  • 4 juillet 1633 – Maintenue de noblesse pour Alphonse de Roquefeuil, seigneur de La Salle.

     

    Alphonse de Roquefeuil La Salle [1], fils de Jean et de Lucrèce de Lustrac, vint s’établir à Eymet en Périgord, après son mariage avec Marguerite de Madailhan.

    Les habitants d’Eymet voulurent le taxer à la taille en prétextant qu’ils avaient le privilège d’imposer les nobles comme les autres habitants dans leur paroisse. Alphonse obtînt de l’élection une sentence le déchargeant de cette taxe. Les habitants firent appel et furent déboutés par la Cour des Aides de Bordeaux le 4 juillet 1633 [2]. Certes  sa noblesse ne fut pas vraiment mise en cause, mais cet arrêt par une cour souveraine la confirmait officiellement.

    Son fils également prénommé Alphonse dut, entre 1662 et 1664, faire à son tour ses preuves, cette fois devant la Cour des Aides de Paris [3]. En effet, en 1656 Louis XIV, avait ordonné une grande recherche des usurpateurs. Cette recherche fut initialement confiée aux Cours des Aides, avant de l’être en 1666 aux intendants. Cette décision de la Cour des Aides n’a pas été retrouvée. Nous ne savons pas grand-chose de ce dernier Alphonse, et le fait qu’il ait eu à répondre à la Cour des Aides de Paris, laisse à penser qu’il avait, pendant un certain temps, habité dans son ressort. Quoiqu’il en soit il fut inhumé à Cogulot, près d’Eymet en 1679.

    Fulcran de Roquefeuil

    [1] Page 297 de l’Histoire Généalogique des Roquefeuil

    [2] AD 33, 2 B 90

    [3]AN Z1a 407

  • 1833-1893 – Biographie de Louis Félix comte de Roquefeuil Cahuzac, conseiller référendaire à la Cour des comptes.

                  Félix de Roquefeuil (1833-1893, Conseiller référendaire à la Cour des Comptes.

    Carrière

    Licencié en droit.
    Commis au ministère des Finances en 1853, surnuméraire au Secrétariat Général le 13 mars 1854, commis ordinaire de 2ème classe à la Dette Inscrite le 1er juillet 1855.
    Reçu dixième au concours de la Cour des Comptes du 25 juin 1859,

    • auditeur de 2ème classe le 14 décembre 1859,
    • auditeur-rapporteur le 1er août 1864,
    • auditeur de 1ère classe le 26 mars 1865. Membre de la commission de vérification des frais de service et de négociation du Trésor public pour 1864.
    • Conseiller référendaire de 2ème classe le 19 juillet 1873, décédé en fonctions.
    Félix de Roquefeuil âgé. Ami proche d’Albert de Mun il l’aida, par sa puissance de travail et la clarté de son écriture, à théoriser l’ensemble des idées nouvelles aujourd’hui connu sous le nom de « catholicisme social ».

    Extrait de son éloge par le Procureur général Renaud: « (…) Il laisse parmi nous le souvenir d’un magistrat laborieux (NDLR: on dirait aujourd’hui « travailleur ») et éclairé, scrupuleusement appliqué à la tâche de chaque jour. Ses allures parfois un peu vives ne trompaient aucun de ceux qui le connaissaient de longue date, et sous cette rudesse un peu voulue, on trouvait sans peine le caractère le plus droit et le plus loyal. (…) Malgré les progrès d’un mal visible pour tous, M. de Roquefeuil s’est efforcé de remplir son devoir jusqu’au bout ; et lorsque ses forces ne lui ont plus permis de venir à la Cour, c’était encore le souci de ses travaux professionnels qui hantait ses veilles. (…) »

    Félix de Roquefeuil-Cahuzac et la doctrine du catholicisme social.

    Ami d’Albert de Mun, avec qui il échangea plus de 400 lettres, et de René de La Tour du Pin, il fut un des dirigeants de l’œuvre des Cercles catholiques d’ouvriers et eut une influence notable dans la conception de la doctrine sociale de l’Église catholique exprimée par l’encyclique Rerum novarum.

    En 1871, Albert de Mun, François René de La Tour du Pin et Félix de Roquefeuil se rencontrent . Dans un contexte où les catholiques sont dans l’ignorance de la Doctrine sociale de l’Église et les effets néfastes du Libéralisme se développent, ils décident de fonder l’œuvre des « Cercles catholiques d’ouvriers ».

    « L’œuvre a pour but la rechristianisation de la France sous l’impulsion des classes dirigeantes et la mise en application des préceptes de l’Église concernant ses rapports avec la Société civile ».

    L’œuvre est présidée par Villermont, Albert de Mun en est le secrétaire général et Félix de Roquefeuil, en tant que responsable de la « doctrine » met sa puissance de travail, sa fermeté doctrinale au service de l’élaboration d’un programme social. L’œuvre établit son premier groupe à Belleville en 1872, puis fonde d’autres cercles à Paris, Lyon et en province. À Paris, dans la Paroisse de Sainte Clotilde, Monseigneur Gaspard Mermillod contribue au lancement du mouvement.

    Élu député en 1876, Albert de Mun soutient au parlement une politique favorable à la classe ouvrière, demandant la réglementation du travail de la femme, de l’enfant, le repos dominical. En 1878, l’œuvre compte 45 000 adhérents et 400 cercles. En 1878, un Conseil des études est confié à Félix de Roquefeuil pour assister l’Œuvre de ses avis en énonçant des principes propres à « contrer le libéralisme économique qui enfonce l’ouvrier dans la servitude ». Les problèmes sont analysés et approfondis par des commissions particulières : Régime de la Liberté du Travail, de la propriété, des échanges, des grèves et coalitions, des associations professionnelles d’arts et métiers, des devoirs du pouvoir envers le travail ; Dans cette mouvance, Léon Harmel crée des congrès ouvriers : Des réunions publiques sont organisées à l’attention des ouvriers qui débouchent sur la création de nouveaux cercles.

    L’œuvre prend de l’importance jusqu’en 1883 : députés et sénateurs la rejoignent et travaillent à la rédaction de projets législatifs. Beaucoup d’officiers, séduits par la cause, soutiennent et organisent des conférences jusqu’en 1884, date à laquelle le gouvernement anti-clérical les en empêche.

    Félix de Roquefeuil expose les idées et la doctrine des cercles ouvriers d’abord dans les journaux catholiques, puis fonde la Revue de l’Association catholique qui tirera jusqu’à 5 000 exemplaires. En 1889, Félix de Roquefeuil, malade, doit abandonner la présidence du Conseil des études. Après son retrait, l’association catholique militante stagne puis décline.

    Parenté:

    Félix de Roquefeuil-Cahuzac était né le 31 mai 1833 à Dreux (Eure-et-Loir), décédé le 30 mars 1893 à Versailles (Yvelines). Domiciles : 1, rue du Regard (6ème), 23, rue de Sèvres (7ème),

    Fils d’Edouard Jules, comte de Roquefeuil-Cahuzac (Chambry, Aisne, 14 fructidor an IX, 1/9/1801-17/8/1839 Laon, Aisne), garde général des forêts de l’Etat à Beauvais, et de Mélanie Alexandrine Yvonne Duhamel de Brazais (Paris 12/11/1810-23/3/1892 Versailles), mariés le 20 juin 1832 à Dreux (Eure-et-Loir).

                                   Félix de Roquefeuil jeune

    Petit-fils d’Augustin Joseph de Roquefeuil-Cahuzac (Salles, Tarn, 6/2/1749-25/10/1824 Vervins, Meuse) et de Gabrielle Louise de Flavigny (Soissons, Aisne, 1766-5/5/1831 Paris 11ème ancien), mariés le 5 mai 1789. Petit-fils de Jean Alexandre Ferdinand du Hamel, marquis de Brazais (Lignerolles, Eure? -27/3/1818 Paris 2ème ancien), mousquetaire gris, colonel de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, et d’Yvonne Eustache Gaudence Melliny (1755? -11/3/1833?), de Dreux, mariés le 19 février 1808 à Paris.

    Arrière-petit-fils de Jacques de Roquefeuil, marquis de Cahuzac (Cahuzac, Tarn, 20/1/1718-16/9/1786 Cahuzac), page de la Petite Ecurie en 1735, et de Marie Madeleine de Boisset de Glassac (10/11/1719-16/9/1789?), mariés le 27 janvier 1740. Arrière-petit-fils de Christophe André Théodore François de Flavigny, seigneur de Chambry (Laon 10/12/1739-28/4/1814 Laon), propriétaire, et d’Anne Félicité Pelletier de Saint-Germier (? -ap. 1814?), mariés le 29 mars 1763. Arrière-petit-fils de Jean du Hamel, baron de Brazais (18/3/1698-29/1/1750), lieutenant-colonel de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, et d’Anne Andrée Dyel d’Enneval (12/11/1712- ?), mariés en 1738.

    Frère d’Aymar Yves (Bouzonville, Moselle, 8/1/1836-7/11/1895 Avoise-sur-Sarthe, Sarthe), vicomte de Roquefeuil, colonel de chasseurs, officier de la Légion d’honneur en 1891, marié en 1873 à Jeanne Bastard de l’Estang, et de Louise Gabrielle (Stenay, Meuse, 1838-1898 Paris), marié le 27 novembre 1858 à Paris à Maximilien Jules Marie Récamier (Paris 20/9/1835-1924), général de brigade, gouverneur de Paris, commandeur de la Légion d’honneur en 1896, d’où postérité.

    Petit-neveu d’Alexandre André de Flavigny (1768-1816), capitaine d’artillerie, préfet de la Haute-Saône, baron d’Empire, chevalier de Saint-Louis, chevalier de la Légion d’honneur en janvier 1815.

    Épouse le 3 février 1864 à la Chapelle-Caro (Morbihan) Jeanne Charlotte Marie Edmée du Breil de Pontbriand de la Caunelaye (Le Mans, Sarthe, 16/1/1838-10/2/1923 Menton, Alpes-Maritimes, acte transcrit le 18 avril à Versailles), fille d’Auguste Marie Louis, vicomte du Breil de Pontbriand de la Caunelaye (Nantes, Loire-Atlantique, 3/6/1808-5/2/1896 La Chapelle-Caro), propriétaire, et d’Anne Charlotte Edmée Gilbert de Solérac (Le Mans, Sarthe, 21/5/1818-17/4/1896 La Chapelle-Caro), mariés le 23 janvier 1837 à Sainte-Croix (Sarthe).

    Petite-fille de Jérôme Marie Mériadec du Breil de la Caunelaye de Pontbriand (Dinan, Côtes-d’Armor, 7/6/1779-12/11/1835 La Chapelle-Caro, Morbihan), chef de bataillon des armées royales en 1815, chevalier de la Légion d’honneur en 1815, et de Jeanne Louise Renée Picault de Quéhéon (Ploërmel, Morbihan, 26/1/1768-4/6/1839 Rennes, Ille-et-Vilaine), mariés le 29 août 1807 à Rennes (veuve de Louis François du Poulpiquet du Halgouet). Petite-fille de Toussaint Gabriel Gilbert de Solérac (Signy-le-Grand (Signy-l’Abbaye), Ardennes, 1749-30/7/1824 Le Mans, section du sud), lieutenant-colonel de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, vendéen émigré en 1793, et de Charlotte Dominique Aimée de Pioger de Kermozun (Charleville, Ardennes, 20/4/1787-24/12/1840?), mariés le 18 septembre 1802, famille bénéficiaire en 1825 d’indemnités aux émigrés dépossédés.

    Arrière-petite-fille de Victor Marie Joseph du Breil de la Caunelaye de Pontbriand (16/4/1724-19/10/1784 Dinan), et d’Agathe du Plessis Mauron de Grenédan (1746-1794?), mariés le 9 mai 1769 à Rennes. Arrière-petite-fille d’Alexandre Auguste, vicomte de Pioger de Kermozun (20/11/1730-30 thermidor an XI-18/8/1803 Colombiers, Orne), capitaine-commandant de chevau-légers, émigré, et d’Aimée Marie Louise Doulcet de Toulmon (? -ap. 1803 ?), mariés avant 1775, famille bénéficaire en 1825 d’indemnités aux émigrés dépossédés. Arrière-petite-fille de Jacques Thomas Picault, seigneur de Quéhéon (Taupont, Morbihan, 24/11/1727-3/4/1785) et de Renée Mathurine Henry du Quengo (Saint-Samson, Morbihan, 4/8/1737-1788), mariés avant 1755. Arrière-petite-fille de Pierre Nicolas Gilbert de Solérac (? -1811?), lieutenant colonel de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, aide de camp du maréchal de Soubise, maître d’hôtel de Monsieur, frère du roi Louis XVI, commandant du palais du Luxembourg, emprisonné en 1792, ancien officier des armées de Vendée.

    Descendance:

    Félix de Roquefeuil-Cahuzac eu six fils et deux filles décédées enfants, dont :

    1) Robert Marie Charles Aymar, comte de Roquefeuil (Versailles 29/10/1864-15/7/1940 Vergoncey, Manche), propriétaire exploitant, chevalier de Malte, marié le 5 juillet 1895 à Comblessac (Ille-et-Vilaine) à Jeanne Adèle Icery (Nantes 28/3/1874-9/9/1967 Vergoncey), dont postérité.

    2) Alain Pierre Marie Auguste (Versailles 25/10/1865-16/3/1917 Paris 7ème) officier de dragons, marié le 8 février 1899 à Paris (6ème) à Gabrielle Pauline Henriette Goodwin (Paris 14/4/1868-21/5/1952 Angers, Maine-et-Loire), veuve de Maurice Lehoreau (? -1896 Nantes), dont un fils,

    3) Maximilien Henri Marcel (Versailles 11/2/1869-10/11/1928 Villers-lès-Nancy, Meurthe-et-Moselle), capitaine de vaisseau, attaché naval en Grèce, officier de la Légion d’honneur en 1916, marié le 28 janvier 1905 à Nancy à Catherine Charlotte Claire Marie Marcel Collenot (Toul, Meurthe-et-Moselle, 25/9/1875-6/2/1911 Toulon, Var), dont deux filles,

    4) Louis Marie Casimir Félix (Versailles 9/6/1871-19/6/1916 Paris?), religieux ;

    5) Yves Marie Joseph (Versailles 13/8/1872-1923?), industriel, marié le 21 avril 1907 à Hanoï (Vietnam) à Marie Emilie Mensingh (Saint-Trond, Limbourg, Belgique, 15/12/1877- ?), divorcés en 1912;

    6) Jean Gabriel Marie Gustave (Versailles 28/9/1874-28/2/1955 Vergoncey), religieux.